CE AFP – bilan 2009-11 : Démocratie syndicale

Au cours de l’année 2009, la pétition «SOS-AFP» a occupé une bonne partie de mon temps. Il s’agissait principalement d’un travail d’équipe avec mon collègue et ami Jean-Michel Cadiot ; lui collé à son téléphone et arpentant les manifestations diverses et variées pour récolter les milliers de signatures et moi gérant le site web, y compris pour y intégrer les très nombreuses signatures que Jean-Michel recueillait sur support papier ou au téléphone.
Cette activité «grand public» n’a pas été du goût de certains de mes camarades syndicaux, qui insistaient sur une action plus «pure et dure» centrée sur une grève des salariés de l’AFP. Pour ce qui me concerne, je considérais et je considère toujours que les deux types d’action n’étaient nullement incompatibles. Surtout, sachant que le travail de l’AFP intéresse l’ensemble des citoyens, il est même indispensable d’avoir une démarche en leur direction.
Lorsqu’en juillet 2009 nous avons décidé de fonder une «Association de défense de l’indépendance de l’AFP», j’ai subi des attaques virulentes à l’intérieur de ma section syndicale CGT, avec notamment un appel à ma démission en tant qu’élu du CE.
Ces attaques et cet appel n’ont à aucun moment été contrés par les responsables de la section. Me trouvant de plus en plus marginalisé, j’ai fini par me résoudre à changer de syndicat, option qui reste ouverte à un membre du CE même s’il a été élu sur une liste.
Voici un extrait du texte que j’ai publié à cette occasion :
« J’ai pris la décision de quitter mon syndicat pour adhérer à un autre, tout en restant membre du Comité d’entreprise….
« De tels changements en cours de mandat sont certes rares mais pas sans précédent, y compris à l’AFP.
« Rappelons qu’en octobre 2004 ce n’était pas un seul représentant de la CFDT mais l’ensemble de ses élus de toutes les catégories – CE, délégués du personnel et Comité hygiène et sécurité – qui ont rejoint un autre syndicat, emportant leurs mandats avec eux. [cf. «Pourquoi nous quittons la CFDT et rejoignons la CGT» octobre 2004.]
« Même si vos représentants au CE sont élus sur des listes syndicales, leur action doit dans la mesure du possible être collective, c’est à dire intersyndicale. La division, la dispersion et le sectarisme ne profitent qu’à la direction et à ceux qui la soutiennent.
« Le syndicat que je rejoins, tout comme celui que je quitte, refuse toute concession ou compromis dans la défense du statut actuel de l’AFP et des intérêts de ses salariés. Ce sont ces principes qui continueront à motiver mes votes au Comité d’entreprise.
« Il ne sera nullement question pour moi de participer à un quelconque front ou alliance destiné à bouleverser l’équilibre au sein du Comité issu des dernières élections.
« La concertation permanente et démocratique restera la priorité absolue. Cette exigence est particulièrement importante dans le conflit actuel autour de l’avenir de l’AFP…
« Le sigle SUD signifie «Solidaires, Unitaires et Démocratiques».
« Je comprends bien que ma décision de rejoindre SUD-AFP ne fera pas plaisir à tout le monde, mais je suis convaincu qu’en fin de compte les déçus se trouveront surtout du côté des défenseurs du projet Louette, et non pas dans notre propre camp ! »
Dix-huit mois plus tard je pense avoir tenu la promesse de ne pas rompre l’unité avec les principaux syndicats «de combat» à l’AFP, et notamment avec la CGT.
Par contre, j’ai pu vérifier que la démocratie interne, et ce à tous les niveaux, est un bien précieux. Pour la première fois en une dizaine d’années d’action syndicale j’ai eu le droit, à deux reprises depuis mon adhésion à SUD, de voter pour le renouvellement de mon délégué plutôt que de me le voir imposé sans débat et sans possibilité de contestation !

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