CE AFP – bilan 2009-11 : Effectifs, précarité

Tous les trois mois, la loi prévoit que la direction d’une entreprise présente au Comité d’entreprise des informations sur l’évolution des effectifs.
En octobre 2009, la présentation de ces chiffres coïncidait avec un fort mouvement de mécontentement parmi les journalistes à propos de l’absence d’embauches et le nombre élevé de salariés condamnés à de nombreuses années de précarité, notamment par la biais de contrats à durée déterminée (CDD). Lors de la réunion du 22 octobre 2009, j’ai fait le commentaire suivant :
« J’ai comparé les derniers effectifs avec ceux fournis en 2006 dans le cadre du Comité d’entreprise. Au 31 décembre 2005, on dénombrait au total 1 428 salariés statut siège à l’AFP dont 72 CDD. Parmi eux, on décomptait 842 journalistes dont 49 CDD. « Présentement, à un peu moins de quatre ans d’intervalle, l’effectif se monte à 1 327 salariés au total dont 870 journalistes (778 CDI et 22 CDD). La baisse de l’effectif s’avère donc assez importante. Comme vous le savez, un fort mouvement de mécontentement se développe actuellement au sein du personnel concernant le sort des CDD, pigistes et autres précaires. Dans un communiqué publié ce matin, l’intersyndicale (CGT, CFDT, FO, SNJ, SUD CFE-CGC) note que dans la période mentionnée par la Direction, 2006-2008, de nouveaux services et produits qui rapportent du chiffre d’affaires ont été créés et/ou développés, et cela sans création de poste ; au contraire le nombre de postes décroît dans l’Agence.
« Comment une entreprise de main d’œuvre peut-elle continuellement créer de nouveaux services et demander de nouvelles tâches aux salariés (notamment aux journalistes) tout en réduisant continuellement ses effectifs ? »
Effectifs fin 2005 et fin 2010Un peu plus d’un an plus tard, lors de la réunion du 11 février 2011, on a constaté une baisse des effectifs totaux «CDI statut de siège» en dessous de la barre de 1.300, pour atteindre 1.299 en fin d’année. (Cf. tableaux ci-contre).
Mon commentaire :
« Ce que je constate à chaque fois, c’est que nous sommes dans une entreprise qui aborde sans cesse de nouvelles activités, de nouveaux métiers, de nouveaux services. Et nous le faisons depuis des années avec un personnel en CDI qui a tendance à la marge à diminuer. Je pense donc qu’il y a une armée invisible, dont il est question maintenant dans les discussions, que sont les précaires, les pigistes, le personnel au statut local à l’étranger, dont certains devraient avoir le statut siège, mais qui ont accepté d’avoir un statut local parce qu’ils ne voyaient pas d’autre possibilité d’évoluer. La conclusion que je tire, et qui ressortira peut-être de l’expertise sociale, c’est qu’il y a une nette augmentation de la précarité mais aussi de l’intensité du travail dans beaucoup de services, et notamment de nouveaux services à l’AFP.
…/… Si on veut résorber la précarité, il faudrait qu’on augmente la masse salariale, donc qu’on sorte du carcan imposé [par le contrat d’objectifs et de moyens avec l’Etat], car nous sommes une activité de main-d’œuvre. »

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